Avis d'experts Arnaud Gallet

Vers une nouvelle expérience de consommation sur les réseaux sociaux

Avis d'expert : Arnaud GALLET, Directeur de Paris Retail Week 

Avis d'expert : Arnaud GALLET, Directeur de Paris Retail Week 

1 heure et 22 minutes* : c'est le temps passé chaque jour par les français sur les réseaux sociaux.

Véritablement entrés dans le quotidien, ces carrefours d'audiences et de recommandations deviennent un canal de choix pour les marques qui misent sur l'interaction communautaire comme levier d'achat.

S-commerce comme Snap Commerce !

Créer le shazam du shopping : c'est l'ambition de Snapchat qui propose une nouvelle expérience de consommation. À l'image de l'application gratuite de reconnaissance musicale, le réseau social au fantôme jaune identifie des produits pris en photo et, s'ils existent dans la base de données d'Amazon, redirige l'utilisateur sur la plateforme de vente. C'est la dernière fonctionnalité en date de social shopping. Avant cela, il y a eu Pinterest qui a intégré « Shop The Look ». Instagram, avec un bouton dédié, donne la possibilité aux acheteurs potentiels de payer en quelques clics les articles repérés. Dans ce contexte, l’image devient un support pour accéder à une multitude de sources d’inspiration. Facile dans ces conditions, pour les consommateurs, de succomber à la tentation !

 

Favoriser l'achat d'impulsion

A l'ère de l'instantanéité, ces fonctionnalités constituent une aubaine pour les marques en favorisant l’achat coup de cœur. Les utilisateurs cèdent plus facilement à leurs impulsions. Les fortes audiences des médias sociaux et l’affinité de leurs utilisateurs pour elles, laissent entrevoir un vrai potentiel ! En effet, non seulement l'image incite à l’achat, mais les commentaires des autres utilisateurs et l'expérience d'achat simplifiée viennent appuyer cette motivation. En Chine, pays du m-commerce, cette tendance s'est largement démocratisée. L'exemple le plus probant est celui de Pinduoduo, un combo de Facebook et Groupon, qui compte plus de 200 millions d'utilisateurs. Ses utilisateurs repèrent des ventes online puis font appel à leurs amis pour acheter les produits à prix réduit. On voit bien que les activités e-commerce et de réseaux sociaux sont en train de fusionner. Nous entrons dans l'ère de l'omniconsommateur !

 

La plate-forme sociale, génératrice de leads

L’étude «  Shopper Experience Index » rapporte une augmentation de 111 % du taux de conversion et de 180 % du chiffre d’affaires par visiteur lorsque les acheteurs interagissent avec des photos et vidéos issues des réseaux sociaux, générées par d’autres consommateurs. Autre statistique intéressante, celle d'une enquête d'eMarketer parue au début de l'année  : 74%*** des personnes interrogées déclarent qu'il existe un lien entre regarder une vidéo sur les médias sociaux et faire un achat. La preuve est faite que le social commerce devient pour les marques un levier d’influence sur l’acte d’achat des consommateurs. 

Pour autant, le social commerce reste une démarche pionnière avec encore peu de retours sur une réelle génération de ventes. D'ailleurs, le rapport Sumo Heavy**** montre que 8 consommateurs sur 10 n'achètent pas via les réseaux sociaux, alors qu'ils sont 2 sur 3 à consommer en ligne. En cause, "la sécurité des réseaux", invoquée par 71% des répondants.

 

Un omnicommerçant pour un omniconsommateur

Il n'empêche, une chose est sûre : de plus en plus d'acheteurs potentiels utilisent leurs terminaux mobiles pour chercher l’inspiration, s’informer sur les produits et interroger des amis. Et ce à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Le social commerce entre en plein dans cette problématique : il déclenche une implication, de l'engagement. Il y a fort à parier que ces conversations sociales et inspirantes vont se généraliser. De là à penser que ces plateformes sociales vont devenir les marketplaces de demain, il n'y a qu'un pas. Avec un gros avantage pour les plus visuelles : elles mettent en valeur les produits comme dans une vitrine, à l'opposé des places de marché traditionnelles, qui restent, elles, très standardisées.
Offrir au client un nouveau canal d'achat simplifié tout en bénéficiant d'une grande liberté pour lui raconter une histoire ? C'est très certainement la prochaine étape pour les "omnicommerçants !"

 

Rapport digital 2018 publié par We Are Social et Hootsuite

** Shopper Experience Index Bazaarvoice, 2018
***Enquête d'eMarketer, 2018, menée auprès de 5 500 consommateurs aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, en France et en Allemagne

****Rapport SUMO Heavy, 2018

 

 

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