VeePee

Quelles sont les dernières tendances en matière de data dans le retail ?

Cette conférence de Paris Retail Week 2019 évoque la problématique de la data pour les retailers. 

Elle est animée par Jérémie Jakubowicz, Chief Data Officier VEEPEE, Didier Gasté, fondateur de Transaction Connect et Ghislain De Pierrefeu, manager chez Wavestone.

Quelles sont les difficultés des retailers pour aller au bout de leurs projets data ?

Wavestone a réalisé une étude de données sur 600 entreprises pour faire un point sur différents projets d’intelligence artificielle, de targeting, de marketing digital etc. Le sondage a récolté énormément d’idées récurrentes. Cette effervescence de technologies s’oppose aux difficultés qu’ont les acteurs du retail à aller au bout de leurs projets sur les données. Il s’en dégage quatre types de 

  • Qualité des données : plus de deux tiers des entreprises considèrent que la qualité de leurs données est insuffisante et représente un frein pour mener à bien leurs projets.
  • Compétences dans l’entreprise : difficultés de maîtrise et de valorisation. La moitié des retailers considèrent qu’il s’agit du principal point bloquant pour leurs projets.
  • Gouvernance efficiente : dans le but de combler un certain nombre d’obstacles autours de la donnée, la gouvernance comprend des rôles, des responsabilités et des processus. Près de deux tiers des retailers avouent son importance pour avancer, mais ils ne sont que 50 % à s’être lancés.
  • Maturité et investissement : les entreprises estiment que les données sont un investissement pour la réalisation de travaux. Les startups du secteur apportent des solutions innovantes. Près de 60 % déclarent vouloir investir dans de nouveaux outils et 60 % souhaitent investir sur la formation des équipes pour mieux maîtriser la donnée.

Comment lever ces difficultés pour mieux travailler avec la donnée ?

Les difficultés citées précédemment peuvent être surmontées. Dès lors, la data peut se présenter comme un atout pour les retailers.

Quelle est l’importance de la personnalisation et de la valorisation de la donnée ?

Le retail n’est pas en avance dans sa perception de valorisation et son évaluation de la donnée. Alors qu’une majorité des acteurs du e-commerce s’estiment relativement bons en matière de valorisation de la donnée, beaucoup d’acteurs du retail traditionnel s’estiment très en retard. Il n’y a pas beaucoup d’avancées sur ce point, et nombre se questionnent sur l’intérêt du sujet.

Deux types de data sont traitées en premier plan par les retailers. Dans un premier temps, les données clients permettant l’upselling et le targeting. Les informations sur la « supply chain », basées sur la connaissance client, sont également traitées en quantité. Mais les données d’expérience client ou de logistique ne sont pas encore suffisamment exploitées.

La plupart des directions sont en attente, d’autres s’engagent, et très peu sont à l’origine de la transformation. Seule une direction générale prenant des initiatives peut réussir sa transition digitale.

Veepee propose 200 ventes quotidiennement. Pour Jérémie Jakubowicz, ce chiffre représente

« beaucoup pour les personnes pressées mais beaucoup moins pour ceux ayant le temps de regarder le catalogue à un instant donné. »

En étant efficace dans la personnalisation du service, il est possible d’avoir un impact positif sur la croissance.

Comment améliorer la logistique ?

Vepee met généralement plus de 20 jours pour livrer ses produits. Cela est lié à la nature de l’activité, puisque la société est un intermédiaire pour plus de deux tiers de ses ventes. Elle ne passe commande auprès de ses fournisseurs qu’à la fin des transactions pour les redistribuer après récupération. Ainsi, aucune action n’a lieu en entrepôt lors du premier jour d’ouverture de la vente.

Grâce à la data, la marque utilise maintenant des bons de commande intelligents permettant de prévoir les ventes. Elle est en mesure de recevoir du stock avant la fin des transactions. Cela permet de servir les membres connectés en premier, sans attente.

Comment réconcilier le online et le offline ?

Près de 90% des ventes s’effectuent encore aujourd’hui en point de vente physique, mais la connaissance client s’obtient pour 90% online. Lorsque l’on se rend sur un site Internet, les cookies permettent de connaître les comportements, les achats et l’identité des clients.

Pour Transaction Connect, l’objectif est d’exposer aux retailers de nouveaux programmes de fidélité basés sur une donnée native omnicanale. Cela passe notamment par le rattachement de la carte bancaire au programme de fidélité permettant d’être reconnu et récompensé lors d’un achat. Les avantages de cette pratique sont l’amélioration de l’expérience client et l’obtention d’indicateurs sur les comportements d’achat.

Sur les 18 derniers mois, Transaction Connect s’est déployée dans presque 8 centres commerciaux et 1 600 points de vente chez 300 enseignes.

Quels sont les challenges de l’exploitation de la data ?

Jérémie Jakubowicz mentionne un certain nombre de challenges liés à l’organisation :

  • La coopération entre la data science, la data ingénierie et les développeurs.
  • La centralisation, nécessaire avant de décentraliser son organisation produit.
  • Le recrutement pose également problème, car recruter une équipe est plus compliqué que de la maintenir.

Pour Transaction Connect, il importe d’élaborer un mapping stratégique sur la valeur du produit et du projet des clients. L’objectif est de bien identifier les décideurs. Enfin, il faut privilégier les cas d’usage les plus courts pour obtenir des résultats rapides.

Intervenants :